MESURE DES RISQUES CLIMATIQUES DANS LA FINANCE
MESURE DES RISQUES CLIMATIQUES DANS LA FINANCE
le 02/11/2021 par La Place Fintech
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En parallèle du Climate Finance Day se tient la Paris For Tomorrow Week, deux semaines d’évènements qui ont lieu du 18 au 29 octobre. Y sont organisées des conférences portant sur le monde de la finance et la transition écologique. Temps fort de cette période : le webinar organisé conjointement par La lace Fintech et SQUARE le 19 octobre, qui portait sur l’utilisation des données dans le cadre de la mesure des risques climatiques.

Sur le sujet de la transition climatique, le secteur financier a complètement changé de paradigme. Rarement considérée comme un élément central des stratégies des acteurs financiers, ces derniers la regardent d’un nouvel oeil depuis quelques années. La finance prend en réalité une place de plus en plus importante au sein des réflexions sur la transition climatique. Surtout, les acteurs sont de plus en plus nombreux à s’appyer sur les dernières innovations, notamment en ce qui concerne l’utilisation des données. La Paris For Tomorrow Week, évènement associé au Climate Finance Day, a été l’occasion pour La Place Fintech d’organiser, en partenariat avec SQUARE, un Green Talk ce mardi 19 octobre sur la mesure des risques climatiques.

Sarah Daymier, consultante sénior au sein du cabinet SQUARE, a mené une présentation portant sur la cartographie des données climatiques – ou plus exactement sur les défis qui existent encore autour de ces données et qu’il convient de dépasser pour accélérer la transition écologique de la finance. La présentation portait sur trois points majeurs, trois « verrous » encore contraignants qui appellent à des développements, et a apporté quelques éléments de réponse sur les solutions à venir.

Le manque de bases de données

Le premier verrou réside dans l’existence même des données. Souvent, elles sont insuffisantes, voire indisponibles. Les données ESG n’ont pas été initialement développées pour être utilisées ainsi et sont de fait rarement exploitables. Il est souvent nécessaire d’aller chercher ces données en faisant appel à des ressources externes. Lorsqu’elles existent, le problème se déplace au niveau de l’accessibilité. Le paysage des fournisseurs de données est très mouvant et évolue constamment, ce qui rend difficile le fait d’avoir une approche concrète à long terme avec des données qui restent cohérentes dans le temps.

Il existe tout de même deux catégories de sources de données qui permettent aujourd’hui d’avoir accès à une stratégie data cohérente. Les premiers sont les fournisseurs d’open data. Il s’agit généralement d’administrations et autres organismes publics, qui sont incontournables en ce qu’ils permettent l’accès à moindre coût aux données climatiques. Existent également des fournisseurs privés, souvent issus de la fintech ou de cabinets de conseils, ou même de grands groupes qui font le choix de commercialiser leurs données (Saray Daymier cite ici Airbus en exemple). Ces sources fournissent généralement un choix plus large de données de meilleure qualité, mais elles impliquent également un coût supplémentaire. Reste que la sélection est tout de même faible, et le manque de données limite les capacités des modèles de mesure.

Vers une plus grande compréhension des bases de données

Second verrou : l’exploitabilité des données. « Intégrer une donnée que l’on ne maitrise pas dans un modèle conduit nécessairement à une mécompréhension voire une incompréhension des résultats », note Sarah Daymier. En passant d’un fournisseur à l’autre, la connaissance autour de la donnée brute récupérée peut changer du tout au tout, et par conséquent son exploitabilité également.  D’autant que bien souvent, les données ont été conçues pour réaliser des études climatologiques, et non des études de risque, et nécessitent donc d’être bien comprises pour pouvoir les exploiter convenablement.

C’est pourquoi des travaux sont menés sur la réalisation de « cartes d’identité » des bases de données. Il s’agit de métadonnées permettant d’identifier de manière simple et précise le contenu de chaque base de données. Ces développements permettent d’agrandir le faisceau de données exploitables, mais il reste des efforts à accomplir afin d’assurer un meilleur accès à une quantité de données de qualité.

Vers plus de cohérence entre les bases de données

Reste donc le troisième verrou, qui concerne l’intégrabilité des données dans un système d’information. Il est question ici de la façon technique dont sont constituées les bases de données disponibles. Tous les fournisseurs ne livrent pas leurs données sur les mêmes formats ou avec les mêmes modes de récupération. Certaines sont accessibles via des supports physiques, d’autres par téléchargement. Cet aspect est pourtant primordial puisque le degré de complexité de l’intégration de ces informations dans un système peut s’envoler selon le type de fichiers disponibles. Là où, par exemple, un fichier au format csv est généralement facile à manier car communément utilisé, d’autres formats moins courants peuvent nécessiter l’obtentions d’outils ou d’expertises qui permettent leur lecture.

Voilà donc trois points qui rendent encore aujourd’hui le travail autour des données laborieux. « Les enjeux sont d’autant plus fort que le contexte réglementaire presse les institutions financières à intégrer les modules climatiques dans la gestion de leurs risques », soulève Sarah Daymier. Participer à la transition climatique demande aux institutions de dépasser ces verrous pour permettre la mise en place d’un pilotage efficace des risques climatiques dans le cadre de leur activité.

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