Mauvais mois d’août et rentrée sous suspens !
Mauvais mois d’août et rentrée sous suspens !
le 28/08/2019 par Mensbridge & Associés
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L’année 2019 est toujours un bon cru boursier avec des indices gagnant plus de 10 % alors que plus de la moitié de l’année s’est écoulée.

Pourtant, le mois d’août a fait office de mauvais élève et a ravivé les craintes d’un éventuel retournement à court terme. En effet, les indices majeurs ont tous décroché sous la menace d’une guerre commerciale qui s’intensifie, un Brexit qui se dirige de plus en plus vers une absence d’accord et des banques centrales ne sachant plus quoi faire.

On peut dire que l’été fut propice à Donald Trump qui en a profité pour laisser entendre qu’il souhaitait faire remonter de 10 % les droits de douane sur environ 300 milliards $ d’importations chinoises. Dans la droite ligne de cette provocation, le gouvernement chinois a annoncé une hausse de ses propres droits de douane sur 75 milliards $ de produits importés américains.

Donald Trump a alors répliqué vivement en annonçant que, dans ce cas, il allait faire passer les taxes de 25 à 30 % sur 250 milliards $ de produits chinois et il appliquerait finalement une surtaxe de 15 % sur les 300 milliards $ (au lieu des 10 % annoncés plus haut). Le face-à-face est donc plus que jamais intense entre les deux puissances économiques et les marchés paniquent.

Le vendredi 23 août, suite à ce dernier échange de menaces sino-américain, le CAC dévisse de 1.6 % et le S&P 500 perd 2.2 % !

 

A cela viennent s’ajouter les dernières nouvelles concernant le futur Brexit. Proche de la deadline imposée (et déjà repoussée plusieurs fois) du 31 octobre 2019, Boris Johnson et la Commission Européenne ne veulent rien lâcher. De son côté, le Premier ministre britannique espère bien décrocher des aménagements concernant le deal existant, notamment sur le souci du « backstop » entre les deux Irlandes. De l’autre côté, la Commission Européenne veut rester souder et refuse d’amender l’accord déjà passé.

 

On l’a compris, si l’une des deux parties ne cède pas, on va droit vers un no-deal Brexit ce qui serait impactant pour les marchés. En effet, outre le marasme économique dans lequel cela laisserait le Royaume-Uni, les opérateurs financiers anticipent qu’un nouveau deal sera trouvé ou un nouveau référendum demandé par le gouvernement britannique … tout pour éviter d’avoir à penser à un no-deal Brexit d’ici deux mois. Les marchés financiers pourraient donc être pris de court.

N’oublions pas que Boris Johnson a été élu sur un plaidoyer pour un hard Brexit et que l’Europe n’a aucun intérêt à courber l’échine face au Royaume-Uni sur ce dossier.

 

Au milieu de ces problèmes géopolitiques, les banquiers centraux se réunissent à Jackson Hole en ce moment même. Le moins que l’on puisse dire c’est que deux questions se posent :

1)    La réserve fédérale va-t-elle céder aux pressions de Donald trump et relancer des baisses de taux, malgré la situation économique américaine, plutôt bonne ?

 2)    La BCE va-t-elle pouvoir faire quelque chose de plus pour l’europe ?

 

La Réserve fédérale américaine fait face à une forte pression politique de la part de Donald Trump qui souhaiterait une baisse de 100 points de base du taux directeur de l’institution (ce qui l’amènerait à 1.25 % contre 2.25 % actuellement), or la situation économique américaine actuelle ne requiert pas cette aide supplémentaire. Le président américain utilisant sa guerre commerciale avec la Chine comme moyen de pression sur Jérôme Powell, actuel gouverneur de la FED, on s’attend à ce que l’institution baisse son taux d’encore un quart de point, d’ici à la fin de l’année.

De son côté, la Banque centrale européenne est prisonnière de ses taux déjà au plus bas. On se demande ce qu’elle pourrait faire de plus, sachant qu’il n’y a aucun problème de manque de liquidités dans les différentes économies de la zone Euro, qu’il s’agisse des banques européennes empruntant à taux zéro depuis 2016 ou des gouvernements s’endettant maintenant à taux négatifs.

Dans cet environnement, les marchés financiers sont devenus très sensibles aux pérégrinations sino-américaines et aux potentielles mauvaises nouvelles, car les gardiens des marchés financiers, les banques centrales, arrivent à bout de leur capacité à aider. On est en train de s’engluer dans des taux bas et des non-sens économiques (comme l’inversion de la courbe des taux américains, précurseur des récessions aux Etats-Unis) pour des raisons qui sont politiques et sociales.

La fin de l’année promet d’être passionnante !

Rédigée le 26 août 2019

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2 commentaires
HELENA NANDIN
Il faut monter les taux , et retirer un peu la liquidité dans la zone Euro, à fin faire augmenter un peu l'inflaction et encourager un peu l'épargne sans lequel les pensions et retraites ne seront soutenables.
| Répondre - le 31/08/2019
MENSBRIDGE ET ASSOCIES
Bonjour,
Nous sommes d'accord avec vous concernant la remontée des taux qui nous semble aussi essentielle, et en phase avec le cycle monétaire actuel.
Malheureusement, les banques centrales ne semblent pas du tout motiver pour faire ça ...
Merci pour votre commentaire !
| Répondre - le 02/09/2019